Circuler dans l’espace Schengen avec un visa de long séjour : ce que permet l’article 21

Circuler dans l’espace Schengen avec un visa de long séjour : ce que permet l’article 21

Visa de long séjour type D : circuler 90 jours sur 180 dans les autres États Schengen.

En bref. Le visa national de long séjour de type « D » ne vaut pas que pour le pays qui l’a délivré : son titulaire peut se rendre dans les autres États Schengen 90 jours sur toute période de 180 jours, sans visa supplémentaire. Cette règle figure à l’article 21 de la convention de Schengen depuis le règlement (UE) n° 265/2010. Elle reste méconnue des étudiants et des salariés marocains installés en Europe.

Visa de long séjour type D : circuler 90 jours sur 180 dans les autres États Schengen.
Le visa de long séjour ouvre le même droit de circulation qu’un titre de séjour : 90 jours sur toute période de 180 jours.

Un visa de long séjour vaut droit de circulation

Jusqu’en 2010, le titulaire d’un visa national de long séjour restait en droit cantonné au pays qui le lui avait délivré tant qu’il n’avait pas obtenu son titre de séjour. Le règlement (UE) n° 265/2010 du 25 mars 2010 a mis fin à cette anomalie en insérant un paragraphe 2 bis à l’article 21 de la convention d’application de l’accord de Schengen. Pour l’assurance à présenter lors de la demande, voyez notre page assurance visa long séjour.

Ce paragraphe étend au titulaire d’un visa D « en cours de validité » la libre circulation déjà reconnue au titulaire d’un titre de séjour. La durée, d’abord de trois mois sur six, a été alignée sur le compte Schengen par le règlement (UE) n° 610/2013 : 90 jours sur toute période de 180 jours. L’article 18 de la convention définit ce visa : un visa national portant la lettre « D » en en-tête, d’une validité qui n’excède pas un an.

Les conditions à réunir à chaque déplacement

Le droit de circuler n’est pas inconditionnel : l’article 21 renvoie aux conditions d’entrée de l’article 6, paragraphe 1, du code frontières Schengen, l’obligation de visa mise à part. Un garde-frontière peut les vérifier, y compris lors d’un contrôle rétabli à une frontière intérieure.

Ce qui est exigéBase juridique
Un passeport délivré depuis moins de dix ans, valable au moins trois mois après la sortie prévueArticle 6, § 1, a)
Le visa D lui-même, en cours de validitéArticle 21, § 2 bis
L’objet du séjour justifié et des moyens de subsistance suffisantsArticle 6, § 1, c)
Ne pas être considéré comme une menace pour l’ordre public, la sécurité intérieure ou la santé publiqueArticle 6, § 1, e)
Ne pas figurer sur la liste de signalement nationale de l’État visitéArticle 21, § 1

Le compteur 90/180 ne tourne pas dans le pays qui a délivré le visa

C’est le point le plus souvent mal compris. L’article 6, paragraphe 2, du code frontières Schengen l’écrit sans ambiguïté : les périodes autorisées au titre d’un titre de séjour ou d’un visa de long séjour ne comptent pas dans le calcul de la durée du séjour.

Un étudiant marocain inscrit à Lille avec un visa D français ne « consomme » donc rien en restant en France : son quota ne se décompte que pour les journées passées dans les autres États membres. Notre calculateur 90/180 suit ces journées, à condition de n’y saisir que ces déplacements.

Ce que le visa de long séjour ne permet pas

C’est un droit de circulation, pas d’installation. Il n’autorise ni à travailler, ni à étudier, ni à s’établir dans un autre État membre : ces situations relèvent du droit national du pays concerné. Il ne vaut pas davantage pour l’Irlande. Enfin, passé la date d’expiration du visa D, c’est le titre de séjour de l’État d’accueil qui prend le relais, et lui seul.

Ce que ce droit de circulation change pour votre assurance

Il crée une zone grise, à connaître avant de réserver un week-end à Rome ou à Barcelone. L’obligation d’assurance la plus connue, celle des 30 000 € valables sur l’ensemble du territoire des États membres et pendant toute la durée du séjour, figure à l’article 15 du code des visas. Or ce code ne régit, selon son article 1er, que les visas de court séjour.

Conséquence directe : aucun guichet ne réclamera d’attestation d’assurance Schengen au titulaire d’un visa D qui franchit une frontière, puisque le visa Schengen de court séjour n’est pas en cause. Rien ne remplace pourtant cette garantie : le visa D n’ouvre aucun droit à la sécurité sociale des pays visités, et la couverture obtenue dans le pays d’études s’arrête souvent à ses frontières.

Pour un voyageur résidant au Maroc qui part avec un visa de court séjour, en revanche, rien ne change : l’attestation d’assurance voyage reste une pièce de recevabilité du dossier. Dans les deux cas, la logique est la même : la prise en charge des soins urgents et du rapatriement ne se présume pas, elle se souscrit. Nos formules Schengen couvrent aussi ces courts déplacements.

Questions fréquentes

Mon visa D français me permet-il d’aller en Espagne sans autre visa ?

Oui, tant qu’il est en cours de validité et que vous remplissez les conditions d’entrée de l’article 6 du code frontières Schengen. La limite est de 90 jours sur toute période de 180 jours, tous autres États membres confondus.

Dois-je souscrire une assurance pour ces déplacements ?

Aucun texte européen ne l’impose au titulaire d’un visa de long séjour, car l’article 15 du code des visas ne vise que les visas de court séjour. Elle reste vivement conseillée : les frais hospitaliers et le rapatriement ne sont pris en charge par personne d’office.

Les jours passés dans mon pays d’études comptent-ils dans les 90 jours ?

Non. L’article 6, paragraphe 2, du code frontières Schengen exclut du calcul les périodes autorisées au titre d’un visa de long séjour ou d’un titre de séjour.

Puis-je travailler dans un autre pays Schengen avec mon visa D ?

Non. L’article 21 n’ouvre qu’un droit de circulation. Travailler, étudier ou s’installer dans un autre État membre suppose une autorisation délivrée par cet État selon son propre droit.

Que se passe-t-il entre l’expiration du visa D et la remise du titre de séjour ?

Le droit de circulation de l’article 21 suppose un document en cours de validité. Un récépissé ou une attestation de dépôt n’est pas un titre de séjour au sens de la convention : mieux vaut différer le déplacement jusqu’à la remise du titre.

Un court séjour dans un autre pays Schengen ?

Frais médicaux d’urgence, hospitalisation, rapatriement : AssurVoyage propose des formules courtes adaptées aux déplacements en Europe, y compris depuis un pays d’études.

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Sources officielles

Règlement (UE) n° 265/2010 du Parlement européen et du Conseil du 25 mars 2010 modifiant la convention d’application de l’accord de Schengen et le règlement (CE) n° 562/2006 en ce qui concerne la circulation des personnes titulaires d’un visa de long séjour, JO L 85 du 31.3.2010, p. 1 — EUR-Lex.

Règlement (UE) n° 610/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, JO L 182 du 29.6.2013, p. 1 (remplacement de « trois mois sur toute période de six mois » par « 90 jours sur toute période de 180 jours » à l’article 21) — EUR-Lex.

Règlement (UE) 2016/399 du 9 mars 2016 concernant un code de l’Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen), article 6, JO L 77 du 23.3.2016, p. 1 — EUR-Lex.

Règlement (CE) n° 810/2009 établissant un code communautaire des visas, version consolidée au 2 février 2020, articles 1er et 15 — EUR-Lex.