Règlement « retour » de l’UE : jusqu’à 10 ans d’interdiction d’entrée après un séjour dépassé

En bref — Le Conseil de l’UE a adopté le 1er octobre 2026 le règlement établissant un système commun de retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ; l’acte est daté du 7 octobre 2026. Il remplacera la directive « retour » de 2008. Pour un voyageur marocain, le point sensible est le séjour dépassé : l’interdiction d’entrée pourra atteindre 10 ans, contre 5 ans en principe aujourd’hui. Rien ne s’applique encore : le texte n’est pas publié au Journal officiel.

Un texte adopté, mais pas encore publié
Selon la note du secrétariat général du Conseil du 1er octobre 2026 (13916/26), le Conseil a adopté l’acte législatif lors de sa 4197e session, à Luxembourg, après son approbation par le Coreper le 23 septembre. Le texte final, référencé PE-CONS 40/1/26 REV 1, porte la date du 7 octobre 2026 et les deux institutions comme auteurs.
Ce règlement abroge la directive 2008/115/CE, la directive 2001/40/CE et la décision 2004/191/CE. Comme il s’agit d’un règlement, il s’appliquera directement dans les États membres liés, sans loi de transposition. Le Danemark n’y participe pas : il dispose de six mois pour décider s’il le met en œuvre dans son droit national.
Quand les nouvelles règles s’appliqueront
| Étape | Date |
|---|---|
| Approbation par le Coreper | 23 septembre 2026 |
| Adoption par le Conseil | 1er octobre 2026 |
| Date de l’acte | 7 octobre 2026 |
| Entrée en vigueur | Lendemain de la publication au Journal officiel (date pas encore connue) |
| Application de l’essentiel du texte, dont l’interdiction d’entrée | 12 mois après l’entrée en vigueur |
L’article 50 ne rend applicables immédiatement qu’une liste courte de dispositions générales et organisationnelles. Jusqu’à la date d’application, c’est la directive de 2008, transposée par chaque État, qui continue de régir les retours.
Séjour dépassé : ce qui change pour le visiteur
| Point | Directive 2008/115 (en vigueur) | Futur règlement |
|---|---|---|
| Délai de départ | De 7 à 30 jours | 30 jours au plus, ou départ immédiat |
| Durée de l’interdiction d’entrée | 5 ans en principe | 10 ans au plus, 20 ans pour des raisons dûment motivées |
| Séjour irrégulier constaté à la sortie | Interdiction rattachée à une décision de retour | Interdiction d’entrée possible sans décision de retour |
Deux mécanismes concernent directement le voyageur qui reste au-delà de son visa. L’interdiction d’entrée est obligatoire si l’intéressé ne part pas dans le délai fixé par la décision de retour (article 8, paragraphe 1). Et un séjour irrégulier détecté lors du contrôle de sortie peut donner lieu à une interdiction d’entrée, notifiée le cas échéant après le départ (article 8, paragraphe 4).
L’interdiction court à partir de la date à laquelle la personne a quitté le territoire des États membres et vaut pour l’ensemble de ces États. Les autorités peuvent y renoncer pour raisons humanitaires ou si l’intéressé coopère, notamment dans un programme de retour.
Ne pas dépasser : les réflexes qui protègent
La règle de base ne change pas : un visa Schengen de court séjour autorise au plus 90 jours sur toute période de 180 jours, dans la limite des dates portées sur la vignette. Avant chaque départ, refaites le compte avec notre calculateur Schengen 90/180, surtout si vous avez déjà voyagé dans les six derniers mois.
Si un imprévu sérieux vous retient sur place, comme une hospitalisation ou un vol supprimé, demandez une prolongation avant l’expiration du visa : notre fiche sur l’article 33 du code des visas détaille la démarche. Rester sans titre, même quelques jours, crée un risque que le futur règlement rend plus lourd.
Et l’assurance ? Le texte n’en dit rien, vos dates comptent d’autant plus
Le règlement « retour » ne contient aucune disposition sur l’assurance : il ne modifie donc ni le montant ni l’étendue de l’assurance Schengen exigée pour obtenir un visa Schengen. La référence demeure l’article 15 du code des visas, qui impose une couverture minimale de 30 000 €, devant jouer dans tous les États membres et pendant tout le séjour prévu.
Ce qui mérite attention, c’est l’alignement des dates. Un contrat d’assurance voyage pris au Maroc protège pendant la période inscrite sur l’attestation, pas pendant les jours passés au-delà. Si votre séjour est prolongé légalement, faites aussi prolonger le contrat. Une hospitalisation imprévue après la date de fin, sans couverture, peut coûter très cher et compliquer un retour déjà délicat.
FAQ — Règlement « retour » de l’UE
Le nouveau règlement s’applique-t-il déjà ?
Non. Il entrera en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel, qui n’a pas encore eu lieu au 13 octobre 2026, et l’essentiel de ses règles ne s’appliquera que 12 mois plus tard.
Combien de temps pourra durer une interdiction d’entrée ?
Jusqu’à 10 ans, selon les circonstances, et jusqu’à 20 ans pour des raisons dûment motivées. La directive de 2008 la limite aujourd’hui à 5 ans en principe.
Un dépassement repéré à la sortie peut-il être sanctionné ?
Oui. L’article 8 du futur règlement permet d’imposer une interdiction d’entrée sans décision de retour lorsque le séjour irrégulier est détecté lors du contrôle de sortie, y compris après le départ.
Le règlement change-t-il l’assurance exigée pour le visa ?
Non. L’assurance reste régie par l’article 15 du code des visas : 30 000 € minimum, tous les États membres, toute la durée du séjour. Si le séjour est prolongé, prolongez aussi votre contrat.
Le Danemark est-il concerné ?
Pas directement. Le Danemark ne participe pas à l’adoption du règlement et dispose de six mois pour décider s’il le met en œuvre dans son droit national.
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