Étudiants aux États-Unis : Washington propose 70 000 $ de frais pour l’OPT

En bref — Le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a publié le 8 octobre 2026 au Federal Register un projet de règle qui créerait des frais de 70 000 $ pour la première période d’Optional Practical Training (OPT) d’un étudiant F-1, puis de 30 000 $ pour toute période suivante, prolongation STEM comprise. Ces montants seraient payés par l’université, avant toute recommandation. Le texte est ouvert aux commentaires jusqu’au 9 novembre 2026 : rien n’est encore en vigueur.

Ce que propose le département de la Sécurité intérieure
L’OPT permet à un étudiant en visa F-1 de travailler aux États-Unis dans son domaine d’études, pendant ou après son cursus. La réglementation actuelle l’autorise en général jusqu’à 12 mois par niveau d’études, et les diplômés d’une filière STEM peuvent ensuite demander une prolongation de 24 mois.
Le projet, porté par l’agence ICE, qui gère le programme SEVP, est référencé 91 FR 64566 (dossier ICEB-2026-0100). Il justifie les frais par la lutte contre la fraude et la protection des travailleurs américains. Il rappelle qu’en 2024, 194 554 étudiants F-1 ont déclaré un emploi en OPT, auxquels s’ajoutaient 165 524 participants en STEM OPT.
| Situation de l’étudiant F-1 | Frais proposés |
|---|---|
| Première OPT, avant ou après le diplôme | 70 000 $ |
| Toute OPT suivante, y compris la prolongation STEM de 24 mois | 30 000 $ |
| OPT avant le diplôme, puis OPT après le diplôme | 70 000 $ + 30 000 $ |
| Changement d’employeur pendant une même OPT | Aucun frais supplémentaire |
Qui paierait, et à quel moment
Le texte vise l’établissement certifié SEVP, pas l’étudiant. L’université devrait régler les frais avant que son responsable désigné (DSO) saisisse la recommandation d’OPT dans le système SEVIS. Sans paiement, pas de recommandation, et l’USCIS n’accorderait pas l’autorisation de travail (EAD).
Le projet précise que les établissements pourraient financer ces frais grâce à des tiers, employeurs ou organisations. Il prévoit aussi un remboursement si l’étudiant n’obtient finalement pas son autorisation de travail. Le DHS évalue les montants collectés entre 8,4 et 16,5 milliards de dollars par an.
Un projet, pas encore une règle
Le document publié est un avis de projet de règle. Les commentaires se déposent sur regulations.gov jusqu’au 9 novembre 2026, et jusqu’au 7 décembre 2026 pour le volet relatif à la collecte d’informations. Le DHS peut ensuite modifier son texte.
S’il est adopté, il propose une entrée en vigueur 60 jours après la publication de la règle définitive. Les frais ne s’appliqueraient qu’aux recommandations d’OPT datées de ce jour ou plus tard : une OPT déjà recommandée avant cette date ne serait pas concernée.
Ce que cela signifie pour un étudiant du Maroc
Un bachelier ou un diplômé marocain qui vise un master aux États-Unis doit désormais intégrer ce risque à son projet. Si la règle est confirmée, certaines universités pourraient refuser de financer l’OPT, la faire porter par un employeur ou la limiter. Interrogez par écrit le service international de l’établissement avant de vous engager.
Ce projet s’ajoute à la fin du « duration of status », dont nous avons détaillé les effets sur les étudiants F-1, et au durcissement du visa H-1B, souvent l’étape qui suit l’OPT.
Côté assurance : un projet qui ne touche à aucune garantie
Les 35 pages du projet ne mentionnent l’assurance qu’à propos d’une cotisation sociale américaine, la taxe FICA. Elles n’imposent aucune couverture santé nouvelle. Pour un étudiant résidant au Maroc, l’assurance voyage ou l’assurance santé étudiante reste donc à choisir selon les exigences de l’université d’accueil, que la réglementation fédérale du statut F-1 ne fixe pas. Le statut J-1 est différent : il impose 100 000 $ de frais médicaux par accident ou maladie, 25 000 $ pour le rapatriement du corps et 50 000 $ pour l’évacuation sanitaire.
Le visa Schengen, lui, n’est en rien concerné par cette annonce de Washington. Pour une escale ou un séjour en Europe, l’assurance Schengen obéit toujours à l’article 15 du code des visas : 30 000 € de garanties au minimum, une validité étendue à chaque pays de l’espace Schengen et une couverture qui court du jour d’arrivée au jour du départ.
FAQ — Frais d’OPT et étudiants marocains
Les frais de 70 000 $ sont-ils déjà en vigueur ?
Non. Il s’agit d’un projet de règle publié le 8 octobre 2026, ouvert aux commentaires jusqu’au 9 novembre 2026. Il ne s’appliquerait que 60 jours après la publication d’une règle définitive.
Est-ce l’étudiant qui paierait ?
Le texte met les frais à la charge de l’établissement certifié SEVP, qui peut se faire aider par des tiers comme un employeur. Demandez à votre université comment elle compte procéder.
La prolongation STEM est-elle concernée ?
Oui. Toute OPT suivant une première OPT, y compris la prolongation STEM de 24 mois, entraînerait des frais de 30 000 $.
Ce projet impose-t-il une assurance santé aux étudiants F-1 ?
Non. Il ne crée aucune obligation d’assurance. L’exigence éventuelle vient de l’université d’accueil ; seul le statut J-1 fixe des minimums fédéraux.
Comment donner son avis sur le projet ?
Sur regulations.gov, avec la référence ICEB-2026-0100, en anglais, avant le 9 novembre 2026 à 23 h 59, heure de l’Est des États-Unis.
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