Voyage dans plusieurs pays Schengen : quel consulat est compétent pour votre visa

Voyage dans plusieurs pays Schengen : quel consulat est compétent pour votre visa

Visuel : articles 5 et 6 du code des visas, la destination principale désigne le consulat Schengen compétent

En bref — Le code des visas pose deux règles distinctes : l’État membre compétent (article 5) et le consulat territorialement compétent (article 6). Pour un voyage à plusieurs destinations, c’est la destination principale, mesurée en jours de séjour ou par l’objet du voyage, qui commande ; si elle ne peut être déterminée, c’est l’État par lequel vous entrez dans l’espace Schengen.

Une demande de visa Schengen ne se dépose pas au consulat de son choix. Le règlement (CE) n° 810/2009, dit code des visas, fixe des règles de compétence que ni le demandeur, ni le prestataire qui reçoit le dossier ne peuvent aménager. Cette fiche récapitule le droit en vigueur, sans annoncer aucun changement récent.

Visuel : articles 5 et 6 du code des visas, la destination principale désigne le consulat Schengen compétent

Deux questions à ne pas confondre

La première question est : quel pays examinera ma demande ? Elle se règle par l’article 5, en fonction de l’itinéraire.

La seconde est : quel consulat de ce pays dois-je saisir ? Elle se règle par l’article 6, en fonction du lieu de résidence légale du demandeur. Confondre les deux est l’erreur la plus courante : un itinéraire à dominante italienne ne se dépose pas au consulat de France, même si celui-ci est plus proche de chez vous.

Article 5 : quel État membre est compétent

L’article 5 énumère les cas de figure sans laisser de marge d’appréciation au demandeur.

SituationÉtat membre compétent
Une seule destinationL’État de destination
Plusieurs destinations, ou plusieurs voyages distincts prévus sur une période de deux moisL’État de la destination principale, en durée de séjour comptée en jours ou par l’objet du séjour
Destination principale impossible à déterminerL’État par la frontière extérieure duquel vous entrez
Visa de transit par un seul ÉtatCet État
Visa de transit par plusieurs ÉtatsL’État par lequel le transit commence
Transit aéroportuaire, un seul aéroportL’État où se situe cet aéroport
Transit aéroportuaire, plusieurs aéroportsL’État du premier aéroport de transit

Deux précisions utiles. La règle des deux mois vise les voyages séparés : si vous prévoyez un déplacement professionnel en Belgique puis, trois semaines plus tard, des vacances au Portugal, l’ensemble s’apprécie globalement. Et le critère de l’objet du séjour permet de trancher lorsque les durées sont proches : sept jours de congrès en Allemagne l’emportent sur huit jours de tourisme ailleurs.

Article 6 : quel consulat, et où

Une fois l’État identifié, l’article 6 désigne le consulat : celui dans la circonscription consulaire duquel le demandeur réside légalement. Au Maroc, cela explique qu’un même pays traite les dossiers de plusieurs villes depuis un centre unique.

Le second paragraphe du même article ouvre une exception : un consulat examine aussi la demande d’une personne en situation régulière dans sa circonscription sans y résider, à condition qu’elle justifie ce dépôt. L’article 7 traite pour sa part des ressortissants de pays tiers déjà en séjour régulier sur le territoire d’un État membre.

Le calendrier obéit lui aussi au règlement : la demande s’introduit au plus tôt six mois avant le départ et, en principe, au plus tard quinze jours calendaires avant. La décision intervient dans un délai de quinze jours calendaires, prolongeable jusqu’à quarante-cinq jours en cas d’examen approfondi.

Représentation et erreur de consulat

Tous les États Schengen ne sont pas présents partout. L’article 8 autorise un État membre à en représenter un autre pour examiner les demandes, ou seulement pour les recevoir et recueillir les données biométriques, sur la base d’un accord bilatéral. C’est le mécanisme qui permet de déposer, dans un pays donné, une demande destinée à un État qui n’y dispose d’aucun consulat.

Si vous vous adressez malgré tout au mauvais consulat, l’article 18 est explicite : le consulat vérifie sa compétence et, s’il n’est pas compétent, renvoie sans retard le dossier, rembourse les droits de visa et indique le consulat qui l’est. Le dossier n’est pas « refusé », mais le calendrier est perdu : droits de visa de 90 € à réengager, nouveau rendez-vous, nouveau délai d’instruction.

L’assurance ne suit pas le consulat

Un réflexe fréquent consiste à faire établir une attestation d’assurance « pour la France » ou « pour l’Espagne », selon le consulat saisi. Le code des visas dit l’inverse : l’assurance doit être valable sur l’ensemble du territoire des États membres et couvrir toute la durée du séjour, pour une couverture minimale de 30 000 €.

Autrement dit, l’État compétent détermine où vous déposez, jamais l’étendue géographique de votre couverture. Nous détaillons ces exigences dans notre analyse de ce que l’article 15 exige vraiment, et le calculateur 90/180 permet de vérifier la durée de séjour autorisée avant de fixer les dates du contrat.

FAQ — Consulat compétent et visa Schengen

Celui de la France. La destination principale s’apprécie d’abord en durée de séjour comptée en jours, et sept jours l’emportent sur trois.

Le code des visas permet alors de retenir la destination principale au regard de l’objet du séjour. Si aucun critère ne départage les deux, la compétence revient à l’État par la frontière extérieure duquel vous entrez dans l’espace Schengen.

Non, si l’Italie est votre destination principale. Le critère du premier point d’entrée n’intervient que lorsque la destination principale ne peut pas être déterminée ; les règles propres au transit visent les demandes de visa de transit, pas un séjour dans un État membre.

Non. La compétence découle de l’itinéraire et du lieu de résidence légale, pas de la disponibilité des rendez-vous. Un consulat non compétent renvoie le dossier et rembourse les droits de visa.

Non. Elle doit être valable sur l’ensemble du territoire des États membres et couvrir toute la durée du séjour, avec une garantie minimale de 30 000 €.

Une attestation valable dans tout l’espace Schengen

Quel que soit le consulat compétent pour votre itinéraire, obtenez en ligne une attestation couvrant l’ensemble des États membres, à partir de 30 000 € de garantie.

Obtenir mon attestation
Sources : Règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (code des visas), version consolidée au 28 juin 2024, EUR-Lex — articles 5 (État membre compétent), 6 et 7 (compétence territoriale consulaire), 8 (accords de représentation), 9 (délais de dépôt), 15 (assurance médicale de voyage), 16 (droits de visa), 18 (vérification de la compétence du consulat) et 23 (délais de décision) · Règlement (UE) 2019/1155 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 portant modification du règlement (CE) n° 810/2009, Journal officiel de l’Union européenne, à l’origine de la rédaction actuelle des articles 5, 9, 15 et 19 · Journal officiel de l’Union européenne, série L, consulté le 7 septembre 2026 pour vérifier l’absence de modification récente du code des visas — informations vérifiées le 7 septembre 2026.

Ressources utiles : Assurance visa Schengen · Ce que l’article 15 exige vraiment · Recours contre un refus de visa · Calculateur Schengen 90/180 · Toutes les questions fréquentes